LA SYNAGOGUE


Conformément à l'ordonnance du Duc de Lorraine, les premiers Juifs, admis dans le Bailliage d'Etain, Raphaël Dennery et Salomon Cahen, sont enregistrés à l'Hôtel de Ville le 8 juillet 1754. Ils jouissent, d'une manière générale, d'une assez grande liberté de culte, mais leurs biens sont sévèrement contrôlés.

Peu à peu, la Communauté s'étoffe, de nouvelles familles s'installent. Elle passe de 66 individus vers 1810 à 92 en 1846. Après la guerre de 1870, de nouvelles familles viennent s'établir à Etain.

Le culte israélite peut se dérouler dans un édifice non consacré à condition toutefois, que dix hommes au moins soient présents.
En 1877, un décret du Président de la République autorise le Consistoire Israélite de la circonscription de Nancy à acquérir, pour le compte de la Communauté d'Etain, une maison ordinaire, sise Rue Grande (Rue de Morteau) qui devient lieu de culte.
Par la suite, une petite synagogue est édifiée dans le jardin.

Rue Grande

Sous la présidence de Salomon Moyse, une nouvelle synagogue est construite, Rue de Morteau, suivant les plans de M. Stern, architecte, et M. Verneris, entrepreneur à Verdun. La façade, simple, est cependant harmonieuse grâce aux éléments décoratifs disposés symétriquement de part et d'autre de l'Etoile de David, baie en béton et verre jaune. Au-dessus de l'entrée, inscrite dans un arc de cercle, une maxime pour un mode de vie : "Aime Dieu de tout ton coeur et ton prochain comme toi-même." Les tables de la loi dominent la façade. Une grille en fer forgé ferme un petit porche rectangulaire.

L'inauguration a lieu le 21 octobre 1928. La cérémonie, présidée par M. Haguenauer, grand-rabbin de Nancy, rassemble trois cents personnes. Salomon Moyse accueille M. Collin, Maire d'Etain, remet l'édifice à la ville, les clés sont portées par la petite Colette Lévy.

Durant l'occupation nazie de 1940 à 1944, la synagogue sert d'écurie. Aucune dégradation n'est, cependant, à déplorer.

Après la Première Guerre Mondiale, la frontière ayant retrouvé les limites de 1870, une majorité de Juifs retourne à Metz. La population israélite d'Etain ne cesse de baisser. Elle a, de nos jours, pratiquement disparu et seuls la synagogue et le cimetière en perpétuent le souvenir.

Pendant des années, la synagogue demeure fermée. En 1992, elle est ouverte au public, à l'occasion des " Journées d'Etudes Meusiennes ". La Communauté juive redécouvre ce lieu de culte, et l'année suivante, y est de nouveau célébrée : la Bar-Mitsvah, cérémonie de la majorité religieuse, celle du petit-fils de Monsieur Georges LEVY, responsable de la Communauté, demeurant à Briey.

Depuis, des concerts et des pièces de théâtre s'y déroulent. Régulièrement, la synagogue est ouverte au public lors des Journées Européennes du Patrimoine. La visite est commentée par un membre d'Etain d'Hier à Aujourd'hui.

L'INTERIEUR DE LA SYNAGOGUE

Depuis le vestibule, un escalier conduit à la tribune, donnant au Nord, lieu de culte dévolu aux femmes. Sur le mur Sud, deux grandes verrières éclairent les fidèles.

A l'Est, l'ARON-HAQODESH, ou tabernacle, où sont placés, normalement, les MEGUILOT, ou rouleaux de la TORAH, calligraphiés à la main sur parchemin.
Dans le cas de la Synagogue d'Etain, il n'y a pas de MEGUILOT, puisqu'il n'y a pas de culte régulier.

Devant l'ARON-HAQODESH, la BIMAH, l'estrade où se tient l'officiant.

Au dessus de la BIMAH, en face de l'ARON-HAQODESH, est suspendue la NERTAMID, lampe perpétuelle, allumée quand les MEGUILOT se trouvent dans le tabernacle, signifiant ainsi la présence de l'Eternel.

Sur une plaque de marbre, sont gravés les noms des combattants Israélites tombés au Champ d'Honneur.





Au fond : l'ARON-HAQODESH ou tabernacle.Devant : la BIMAH ou estrade.Au dessus de la BIMAH, la NERTAMID ou lampe perpétuelle.(Mur Est)