Histoire de la Ville d' ETAIN


La Mairie

La Maison de Retraite Lataye

Dans la plaine de la Woëvre, couverte de forêt et d'étangs, les romains édifient une villa, appelée STAGNUM.
Ce nom est bien significatif car nombreux sont les étangs.

Dès le VIII ème siècle, ESTAIN entre dans l'histoire.
Le seigneur d'Etain et gouverneur de Verdun, Mactigesilus abandonne les bans d' Estain et de Fromezey à l'église de Verdun.
Vers 765, Etain dépend de l'Abbaye de St Euchaire de Trèves.

Dès le XI ème siècle, la commune d'Etain a sa vie propre et organisée.

En 1221, le fief d'Etain est échangé aux Chanoines de la Madeleine de Verdun. Mais le comte de Bar, Henri, prétend avoir des droits sur Etain.Il reçoit la ville et en fait une des sept prévôtés du Barrois non mouvant. Le chapitre de la Madeleine continue à s'occuper des intérêts de l'église jusqu'à la révolution.

Dès le X ème siècle, les guerres fréquentes conduisent les habitants à édifier des remparts autour de la ville et 4 portes principales (porte à la Vaux, porte en haut, porte en bas, porte à Warcq).
Toutes les fortifications seront rasées à partir de 1635 sur ordre de Louis XIII.

Le 17è siècle est la période la plus néfaste pour la Lorraine comme pour Etain.

La région se transforme en lieu de passages, pillages et massacres de presque toutes les armées d'Europe jusqu'au Traité des Pyrénées en 1659. Les épidémies, la famine, les récoltes ravagées et pillées s'ajoutent aux massacres. Etain ne compte plus en 1650 que 40 habitants.

En 1662, la ville devient le chef-lieu d'un grand bailliage qui sera modifié en 1751.

En 1699, les deux députés de la prévôté d'Etain, rendus à Nancy pour les funérailles du Duc Charles V, ne veulent pas arborer l'écusson de leur ville. On leur impose alors des armoiries. Etain porte, depuis cette époque, de "gueules à trois pots d'argent, les deux en chef ayant les anses contournées et un en pointe".

En 1766, le duché de Lorraine et donc Etain, devient officiellement français. Etain est siège d'une recette des Finances, une maîtrise des Eaux et Forêts et d'un important bailliage (affaires judiciaires et administratives) réunissant 54 communes. Ces administrations, ainsi que le conseil municipal, sont logés dans l' Hôtel de Ville, vieux bâtiment noirâtre et trop étroit. Il est remplacé par un édifice de belle allure, malgré de vives oppositions de la part des habitants, du bailli et des Capucins (établis en 1635) car le nouvel édifice cache le couvent.
Deux entrepreneurs puis le maire François Verdun, y trouvent la ruine.

Le dernier événement important avant 1789, est la démolition des 4 portes. En 1793, le cimetière est transféré au-delà du pont.

Le 15 janvier 1790, la ville est placée dans le département de la Meuse, devient chef-lieu de canton et chef-lieu de district.

Malgré leur coopération et le serment prêté à la constitution, les Capucins sont expulsés le 10 juin 1792, le couvent et ses dépendances vendus.

La même année, Etain subit l'invasion des troupes prussiennes.

Goethe décrit le remue-ménage de ces troupes en fuite et en guenilles lors de leur passage à Etain le 11 octobre 1792.

1870 : nouvelle invasion. Le 16 août, après les batailles de Gravelotte, Napoléon III, le visage d'une pâleur de cire, déjeune à l' Hotel de la Sirène puis repart en hâte. A 16 heures, les Uhlans pénètrent en ville. Ce n'est que le 21 septembre 1873 que la garnison prussienne quitte la ville.

L'année suivante, la gare est inaugurée. La commune s'étend et prospère sous l'impulsion de M. Prud'Homme Havette, maire d'Etain de 1878 à 1904, député de la Meuse et Conseiller Général.

L'activité commerciale se développe et se diversifie : en 1890, il se tient 5 foires annuelles très fréquentées.

Le principal établissement hospitalier de la ville, l'hospice Lataye, ouvre en 1894. Fondé grâce à la générosité de M. Lataye, il remplace la Maison de Charité, établie en 1759.

En 1912, Etain est désigné pour recevoir le 8ème Bataillon de Chasseurs à Pied. Des casernes sont bâties et la population fait un accueil chaleureux à leur arrivée, le 5 Octobre 1913.

2 août 1914 : la guerre est déclarée.

Le 24 août vers treize heures, les obus s'abattent sur la ville pour ne cesser qu'en fin de soirée. Beaucoup de maisons sont éventrées et l'incendie fait rage. Puis de longs cortèges se forment en direction de Verdun.
Dès le lendemain, les Bavarois reçoivent un sévère châtiment. La Bataille d 'Etain-Buzy fait échouer une attaque brusquée sur Verdun. Mais le 26, le repli de l'armée permet aux Allemands de faire leur entrée dans Etain. Ils ne doivent en sortir que le 11 novembre 1918.
Le 17 septembre, les Allemands se saisissent de 19 Stainois et les fusillent. On ne retrouvera leurs corps qu'en 1920.

Dès le 11 novembre 1918, Monsieur le Maire d'Etain, François Denis constate le désastre : seules une trentaine d'habitations sont restaurables, tout le reste est rasé.
Grâce à l'adoption de l'île de la Martinique et des dons du Canton de Morteau, la population se remet à l'ouvrage, courageusement, logée durant plusieurs années dans des baraques en bois, sur le Champ de Foire.

Joseph Hornecker est choisi pour reconstruire les abattoirs, l' Hôtel de Ville et le groupe scolaire.
La Maison de retraite ouvre ses portes le 20 juillet 1927.

L'activité commerciale et industrielle repart de nouveau et se développe lorsque la guerre est de nouveau déclarée le 3 septembre 1939. Le centre mobilisateur occupe les casernes et des escadrilles de chasse de la RAF s'installent sur le camp d'aviation d'Etain - Rouvres.

Réveil brutal, le 10 mai 1940, la base est bombardée dès 4 heures du matin puis abandonnée par les Anglais. Les Allemands entrent à Etain le 15 juin. C'est une nouvelle occupation de plus de quatre ans.
La résistance s'organise alors et subira des pertes.

Le 1er septembre 1944, Etain est libéré par les troupes du Général Patton.

Après Guerre et jusqu'en 1964, les Américains développent une importante Base Aérienne sur des terrains d'Etain et de Rouvres.
Après le départ des Américains, c'est le 94è RI qui s'installe sur la Base.
Le 94è RI quitte à son tour la base, en 1980.
Le 3è Régiment d'Hélicoptères de Combat reste le seul locataire.

La Société de Musique "La Stainoise", créée en 1875, ne cesse d'étendre sa renommée au-delà du département.

Le 18 novembre 1989, Etain resserre ses liens avec la commune sarroise de Duppenweiller, en se jumelant avec celle-ci.

Le 11 Novembre 2001,la nouvelle caserne des pompiers ultra-moderne ) est inaugurée.

Aujourd'hui, Etain est une petite ville de 3732 habitants où il fait bon vivre et la jeunesse n'est pas oubliée grâce à la création d'une " Maison des Jeunes et des Anciens ".

En 1996 on inaugure la nouvelle école maternelle qui abrite sept classes.Le nouveau collège ouvre ses portes en février 2008.

Le 22 février 2016, est scellé un jumelage entre Etain et le Vauclin, ville de Martinique, concrétisant des liens forts depuis 1963. C'est également l'occasion de renouer des échanges entre la marraine (la Martinique) et sa filleule (Etain).

La bonne santé de ses entreprises et le dynamisme de ses associations (plus de 50) nous assurent qu'Etain est sur la bonne voie.


La Ville d' ETAIN est titulaire de la Croix de Guerre 1914-18 avec palme :

LE MINISTRE DE LA GUERRE

Cite à l'ordre de l'Armée,

La ville d'Etain, placée sur la ligne des combats dès le début des hostilités, est restée pendant quatre années exposée aux rigueurs de la guerre. A été presque complètement détruite par les bombardements et a eu plusieurs de ses habitants tués par les Allemands. A montré, dans ces dures épreuves, la plus ferme constance et le plus ardent patriotisme.

Paris, le 9 septembre 1920.            
Le Ministre de la Guerre : André Lefèvre.            



Elle est également titulaire de la Croix de Guerre 1939-45 :

CITATION DECISION Nr 81

Le secrétaire d'Etat aux forces Armées, Max LEJEUNE cite :

Etain (Meuse) : Déjà durement éprouvée pendant la guerre 1914-18 a payé un lourd tribut à l'oppression allemande de 1940 à 1944.
Sous l'impulsion de personnalités énergiques et notamment de son Maire disparu en déportation, a mené le combat contre l'occupant avec une ardente foi patriotique.

Fait à Paris, le 11 novembre 1948

Signé : Max Lejeune



Etain au 16e siècle


Vue Aérienne